En mai-juin 2025, pendant que la guerre faisait rage à Gaza et que le conflit s’étendait à l’Iran, Serge Hastom a effectué un périple en stop à travers Israël et la Cisjordanie.
Par quarante degrés à l’ombre et au gré d’un manque de préparation manifeste. L’idée initiale de ce voyage était de parcourir « à hauteur d’hommes », sans escorte ni a priori, ce minuscule bout du monde qui monopolise l’attention de la terre entière. Avec pour bagage essentiel la curiosité, l’envie de comprendre et la primeur des témoignages. Avec pour seule boussole « le ressenti de la situation » et « le sentiment d’appartenance », une bonne dose d’ingénuité et d’inconscience en prime.
Cette pérégrination aléatoire, rapportée à la manière des meilleurs ambassadeurs de la gonzo littérature (Hunter S. Thompson, en tête), se lit chronologiquement, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pour ce qui est de la carte, de Tel Aviv à Eilat en passant par une quantité de lieux improbables aux vécus souvent dramatiques, comme les kibboutzim frontaliers de la bande de Gaza ou les villages bédouins du désert du Néguev/Naqab. De Masafer Yatta à Jenine, de colonies en avant-postes, de check-points en bourgs occupés, d’un bout à l’autre du plateau du Golan jusqu’à Acre et Haïfa en passant par le quartier général syrien de Quneitra, vous découvrirez l’histoire rocambolesque des Hébreux noirs de Chicago, apprendrez que le Bon Samaritain est avant tout une expression, qu’il vaut mieux se lever tôt à Naplouse, que les Palestiniens disent « hamdoullah » même quand ça ne va pas. Et plongerez dans le quotidien tourmenté et inextricable d’une réalité qui échappe aux bulletins d’actualités comme elle échappe à une sérénité à jamais hypothétique.
Serge Hastom a 30 ans. Reporter et cofondateur d’Invendable, il est l’auteur de Let’s get lost, Autostop Poutine et Merde in France dans le cadre de cette revue (2024-2025).

