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Liste des auteurs

Giovanni RIGANO

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BD

Comment Weekly, compagnon de route de John Blacksad, est-il devenu photojournaliste de faits divers ?

Pour répondre à cette question, il faut remonter à la fin de son adolescence, dans le New York de l’après-guerre, lorsqu’il s’appelait encore Dustin Kalisnowszczyzna. Logé chez sa grand-mère, émigrée russe, le lycéen est en échec scolaire. Passionné par la photographie, il n’a qu’une idée en tête, travailler dans la presse. Mais le chemin est tortueux pour que la fouine touche son rêve du doigt. Et jouer au plus fin avec la police n’est pas la bonne option pour accélérer les choses. En définitive, son salut viendra du milieu de la BD et de la thanatopraxie. La vie réserve bien des surprises. Apparu dans le tome 2 Arctic-Nation, le sympathique Weekly est un des personnages majeurs de la série culte Blacksad, de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido. Photojournaliste de faits divers, la fouine a le chic pour être toujours au bon endroit, si on s’en tient aux enquêtes de John Blacksad. Les aventures du détective privé n’auraient pas la même saveur sans la gouaille du fouineur en chef, sa casquette éternellement vissée sur la tête. Après sept albums de la série principale, il était grand temps d’en savoir plus sur les aléas de la vie qui ont construit Weekly. Pour réaliser ce spin-off, Juan Díaz Canales fait appel au dessinateur Giovanni Rigano, qui reprend à son compte, avec un talent rare, le style flamboyant de Juanjo Guarnido. Dans la même veine que la série mère, le scénariste concocte un polar version roman noir, avec en arrière-plan la mise en place, allusion au Comics Code Authority, d’une censure dans la BD américaine. En filigrane, mille détails, péripéties et révélations étoffent le personnage de Weekly, à commencer par son nom de baptême, un patronyme à coucher dehors.

Giovanni Rigano naît à Cantù, en Italie, le 8 décembre 1977. Après des études scientifiques, il intègre, à 19 ans, l’école de bande dessinée de Milan. Une formation qui lui permet notamment de collaborer avec des agences de communication réputées. Il entre ensuite à l’académie Disney, où il participe à la réalisation de plusieurs séries publiées par la firme. En 2003, il assure le dessin du tome 2 de Monster Allergy (Soleil). L’année suivante, il signe le tome 1 de Daffodil (Soleil et BD Edizioni), une série écrite par Brrémaud. Il illustre ensuite Artemis Fowl (trad. française, Gallimard) et Migrant (Hachette, 2017), deux romans graphiques d’Andrew Donkin et Eoin Colfer. Giovanni Rigano retrouve rapidement Brrémaud ; ils signent ensemble Lolika (Le Lombard, 2011 et 2012), le tome 4 d’Alix et Arsenou (Clair de lune, 2014), Lehaïm (Clair de lune ; 2015 ; coécrit avec Boris Czerny) et, en 2021, Lettres des animaux à tous ceux qui les prennent pour des bêtes (Glénat) et Les Terreurs des mers (Vents d’ouest). En 2022, on retrouve le duo d’auteurs chez Dargaud avec le premier tome de Tête de pioche.

 

Quand on est une petite fille surnommée Tête de pioche, on sait ce que l’on veut et on n’en démord pas. 

Après le bayou de Louisiane, les montagnes du nord des États-Unis et la forêt mexicaine, direction la banquise pour la jeune Tête de pioche, aux côtés de sa sœur Milady. Et la découverte d’un nouvel écosystème, avec lequel la petite fille est toujours aussi facilement en connexion. Derrière ce récit d’aventures jeunesse situé dans l’entre deux-guerres, Brrémaud propose une nouvelle fois une réflexion sur l’impact de l’être humain sur la nature. Le regard candide de Tête de pioche met en lumière le contraste entre l’attitude bienveillante de la petite fille et le comportement mercantile de certains adultes. Même au pôle Nord, l’appât du gain fait des ravages. La tendresse qu’éprouve le scénariste pour sa petite héroïne crève les yeux. Le dessin de Giovanni Rigano, un des grands ambassadeurs de l’école italienne, accentue énormément la sympathie que l’on porte aux personnages, ainsi qu’aux animaux. On voudrait tellement faire partie du petit monde de Tête de pioche.