Le retour d’Étienne Davodeau au documentaire.
Pour la première fois, Étienne Davodeau embarque la femme qu’il aime dans son récit. Françoise Roy partage sa vie depuis 40 ans. Depuis 15 ans il avait en tête cette envie devenue projet. Il a fini par la convaincre de faire ensemble un livre qui va jouer sur leur histoire commune et aider des familles touchées par les pathologies neuro dégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Françoise a choisi pour métier de les accompagner. Un métier qui n’a pas de nom. Elle veille à ce qu’on ne les oublie pas, sans les exclure ni les enfermer.
Un livre éminemment vibrant et généreux. Comme un endroit où poser nos têtes. Dans un monde où la vitesse est maîtresse, Françoise prend le temps. Étienne Davodeau a pris celui de raconter un quotidien qu’on ne connait pas. Et un épisode de leur vie de couple. La délicatesse de son récit est magistrale, rendant avec simplicité et forces certaines situations extrêmement complexes. À l’image des gestes et paroles de Françoise. Ne pas s’accabler sur les capacités perdues des patients mais valoriser leurs forces vives et leurs ressources. Un livre qui engage la responsabilité d’Étienne Davodeau puisque tout en respectant la spontanéité des personnes, il préserve leur anonymat. Depuis Rural ! ou Les Mauvaises gens, Davodeau s’est imposé comme l’auteur des récits qui font
lien. Et qui donnent du courage.
Étienne Davodeau est né en 1965 dans les Mauges. Grand Prix de la ville de Blois en 2013 pour l’ensemble de son œuvre, Davodeau alterne documentaire et fiction. En 25 ans, il a publié près de 30 livres de bande dessinée, soit un livre tous les deux ans. Exposé au Centre Pompidou lors de la grande rétrospective « La BD à tous les étages », son œuvre est reconnue comme l’une des plus généreuses du 9e art et précurseuse de la bande dessinée du réel.


