
Née à Moscou, Polina Panassenko est autrice, traductrice et comédienne. Formée à l’École de la Comédie de Saint-Étienne, elle incarne un parcours profondément ancré dans la création artistique et le dialogue entre les disciplines.
En 2015, elle publie Polina Grigorievna, une enquête illustrée aux éditions Objet Livre, avant de connaître un large succès avec son premier roman, Tenir sa langue (L’Olivier, 2022), récompensé par le prix Femina des lycéens.
Son oeuvre, traversée par les enjeux de langue, d’identité et de mémoire, témoigne d’une sensibilité artistique
nourrie par la scène comme par l’écriture, et fait écho au festival Les Mots en scène. Pour la Fête du Livre, Polina Panassenko nous présente son dernier ouvrage À voix haute paru en 2026.
Écrivaine, comédienne et traductrice franco-russe, Polina Panassenko sera la marraine des « Mots en scène » lors de la 40e Fête du livre, du 9 au 11 octobre prochains. Ancienne élève de La Comédie de Saint-Étienne, elle a aussi passé une partie de son enfance et de son adolescence dans notre ville.
Comment avez-vous accueilli la proposition de devenir marraine des « Mots en scène » ?
Ça m’a fait immensément plaisir. Je ne vis plus à Saint-Étienne mais à chaque fois que je m’y rends, j’ai l’impression de rentrer chez moi. Je suis ravie de ce titre honorifique et de ma participation à cet événement littéraire populaire, emblématique de la ville. Je serai présente à l’ouverture du festival et, le dimanche après-midi, je ferai une lecture de mon dernier roman, À voix haute, à La Gayola, place Jean-Jaurès.
Quels souvenirs gardez-vous de Saint-Étienne ? Vous en parliez déjà dans votre premier roman, Tenir sa langue…
Parmi mes premiers souvenirs de la ville, il y a le parc de l’Europe et la F.J.E.P. de la Métare.
Ils m’ont servi de matériau pour l’écriture de Tenir sa langue où il y a notamment cette phrase : « La vraie France s’appelle Saint-Étienne ». C’est l’histoire d’une famille russe qui émigre à Saint-Étienne, racontée du point de vue de la fille cadette, âgée de 6 ans. Elle découvre la France à travers la ville de Saint-Étienne et apprend le français avec les nuances du vocabulaire gaga et de l’accent stéphanois.
Que retenez-vous de votre formation à La Comédie de Saint-Étienne ?
L’école était alors dans le centre-ville, on vivait du matin au soir dans Saint-Étienne, en interaction avec les commerçants et les habitants. C’était une immersion totale dans la ville pendant trois ans. C’est pendant ma formation que j’ai publié mon premier livre (ndlr : Polina Grigorievna, une enquête parue aux éditions Objet Livre en 2015), couplé avec une exposition.
De quoi parle votre deuxième roman, À voix haute, paru en août dernier ?
Il traverse trois décennies, de 2002 à nos jours. La narratrice, une collégienne émigrée en France, rêve de devenir actrice.
En 2010, au moment des manifestations contre Vladimir Poutine, elle retourne dans son pays natal, la Russie, pour passer le concours de la grande école de théâtre de Moscou. Là-bas, elle retrouve son grand-père et ses amis d’enfance, mais remarque des détails étranges, des mots qu’on ne peut pas prononcer à voix haute et se pose des questions. Pour trouver des réponses, elle devra voyager jusqu’à la Kolyma, où se trouvaient les camps du Goulag…
J’ai cherché à savoir : comment fait-on pour se souvenir de ce qu’on ne nous raconte pas ? Comment peut-on sentir qu’il manque quelqu’un dans une famille avant même de le savoir ?
BIO EXPRESS
1989 : Naissance à Moscou
2012 à 2015 : Formation en art dramatique à l’école de La Comédie de Saint-Étienne
2015 : Publication du livre enquête Polina Grigorievna (Éditions Objet Livre)
2022 : Publication de son premier roman, Tenir sa langue (Éditions de l’Olivier), prix Fémina des lycéens
2026 : Publication de À voix haute (Éditions de l’Olivier)